Comment le fait de bouger les épaules m’a aidé à passer mon bac?

Adolescente, j’étais une élève retenue, un brin timide, et, surtout, je manquais de confiance en moi. Cela se traduisait par la fameuse angoisse de la page blanche. J’avais beau passer des heures à travailler, connaître les différentes matières enseignées et être, apparemment, bien préparée pour les tests, rien n’y faisait. Au moment de passer les évaluations, je me bloquais. Mes mains devenaient moites et mon esprit se vidait, plus rien…! 

Un peu désemparés, mes parents m’ont emmenée voir une sophrologue. Dans son cabinet, j’ai appris des choses que j’aurais voulu qu’on m’enseigne à l’école mais qui alors ne faisaient pas partie du programme: comment me concentrer efficacement, développer ma capacité à mémoriser, comment surmonter la peur des interrogations…

Pendant environ 3 mois à raison d’une fois par semaine, je me suis rendue chez ma sophrologue. Elle me proposait des exercices qu’elle enregistrait sur une cassette (eh oui! il n’y avait pas encore de mp3 ni de smartphone à l’époque!) pour que je puisse les pratiquer régulièrement chez moi. Guidée par sa voix, j’ai appris à fermer les yeux et à me détendre. Le fait de remuer les épaules, comme toutes les stimulations des relaxations dynamiques en sophrologie, m’a permis de mieux me connecter à mon corps, d’en faire l’expérience consciente et de développer mes capacités d’écoute, de concentration et d’accueil de ce qui est. En développant la conscience de moi-même, j’ai appris à agir dans un sens positif pour moi, retrouvant ainsi la confiance que j’avais perdue. Petit à petit, cette nouvelle attitude s’est traduite par de meilleurs résultats scolaires, me permettant d’obtenir ce qui avait semblé si loin: mon bac!

La sophro, à quoi ça sert?

Souvent occupés à ressasser le passé, la plupart du temps en train d’anticiper l’avenir, tout en remplissant (ou en essayant de remplir!) plusieurs tâches que le quotidien exige de nous…  Cela vous dit quelque chose?

L’être humain d’aujourd’hui est souvent comme un petit bateau balloté par les vagues, au gré du courant et des éléments. Son capitaine, bien trop occupé à penser au port qu’il vient de quitter ou à celui qu’il doit encore visiter, oublie que c’est maintenant qu’il tient son gouvernail, ce qui lui permetterait de tenir son cap et ainsi donner tout son sens à son voyage. Parfois aussi le capitaine non seulement conduit le bateau, mais il cartographie aussi les différents ports en vue, et astique le pont tout en hissant les voiles du navire. Si, par malheur, la quille du bateau présente en plus quelque défaut, il est fort possible qu’à la première tempête qui se présente, la situation vire à la catastrophe!

Or les tempêtes font partie de l’existence. Croire qu’il est possible de traverser le grand océan de la vie avec la certitude de ne pas avoir à en traverser n’est qu’illusion. Mais que faire non seulement pour éviter de chavirer mais aussi pour arriver à bon port, alors que notre navire tangue peut-être déjà? La sophrologie est un moyen pour retrouver la stabilité nécessaire à notre quille, permettre à notre capitaine de développer plus de sérénité et redresser la barre pour garder son cap.

Au début, le travail consiste à faire l’expérience de notre dimension corporelle. Dans cette existence, notre corps est notre véhicule, notre quille. Il est la condition d’incarnation de la vie puis, plus tard, il se fait support du développement de notre pensée. Objet de fierté ou de complexes, il n’en est pas moins notre fidèle compagnon et il nous appartient de l’habiter. C’est donc sur ce plan que la sophrologie nous guide: comment habiter notre corps, unique et singulier? Au moyen de différents exercices guidés et simples à réaliser nous nous familiarisons avec notre corps, nous l’aidons à se détendre et, par des mouvements, nous prenons conscience des différentes sensations qui peuvent le parcourir. Souvent, c’est une découverte: nous pouvons porter attention à ce que ressens notre corps sans que ce soit par le biais de la gêne ou de la souffrance! Cette première approche permet de créer une nouvelle alliance avec nous-même, base de la confiance en soi et en la vie.

Dans un deuxième temps, nous explorons notre dimension psychique, le capitaine de notre navire. Toujours par des exercices simples et tout en maintenant présente notre dimension corporelle, nous développons notre capacité de concentration, puis de contemplation, pour, enfin, goûter à des instants et des moments d’états méditatifs. Contrairement au corps, toujours et uniquement inscrit dans le présent, nous expérimentons, avec notre esprit, la dimension temporelle de l’existence (le passé, le présent et le futur). Nous passons du limité (le corps) à l’illimité (l’esprit). Nous apprenons alors à nous positionner comme observateurs de nos actes de penser, d’imaginer, de se souvenir, mais aussi de notre capacité à ressentir, s’émouvoir, souffrir, jouir,… Nous ne nous arrêtons pas sur les causes de ces phénomènes (par exemple la cause d’une douleur), ce qui relève de la compétence du médecin. Le sophrologue accompagne la personne dans la découverte d’elle-même.

A ce stade, nous avons assuré la stabilité de notre quille grâce au travail sur notre dimension corporelle. Nous avons redonné de la présence à notre capitaine par le travail sur notre dimension psychique. L’étape suivante consiste donc à renforcer le lien qui les unit. Ce lien est en réalité de nature double: notre navire doit être équipé d’un bon gouvernail, et notre capitaine doit savoir où il veut mener son embarcation. Nous entamons alors un travail sur l’accueil et la gestion des émotions. Puis nous partons à la découverte de nos valeurs, nos boussoles intérieures. Les reconnaître, les renforcer et les intégrer, c’est se donner la chance d’orienter notre vie et de lui donner du sens.

En résumé, la sophrologie enseigne à mieux se connaître pour traverser l’océan de notre existence et mener notre embarcation à bon port, quelques soient les conditions de navigation rencontrées.

Annick Gonnelli-Frei
Cabinet thérapeutique et créatif
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